Martine défend la cause des enfants qui vivent dans des zones dangereuses

nov. 15, 2019
Martine, 16 ans, vit en République démocratique du Congo (RDC), l’un des pays les plus dangereux du monde. Les enfants qui vivent au milieu des conflits et des catastrophes sont confrontés à des niveaux extrêmes d’abus, d’exploitation et de violence. Grâce à un parlement d’enfants organisé par Vision Mondiale, cette adolescente intelligente et pleine de vie a un brillant avenir devant elle en tant que défenseuse des autres enfants dans le besoin. À l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, écoutez ce qu’elle a à dire dans la vidéo ci-dessous : 

L’histoire de Martine

En tant que membre du parlement des enfants, je me concentre sur les droits des filles et leur bien-être.  

Je m’implique parce que je suis moi-même une victime. Après la mort de mon père, le reste de la famille ne nous a pas acceptés. Nous n’avons pas obtenu d’héritage parce que mon père n’avait eu que des filles. Comme les frères de mon père avaient eu des garçons, ils ont pris nos biens parce que nous n’étions pas reconnues. C’est ce qui m’a poussée à m’impliquer. J’aimerais que les filles soient considérées comme égales aux garçons, j’aimerais qu’elles aient les mêmes chances qu’eux, à cause de ce qui m’est arrivé.

Une femme congolaise et ses trois filles regardent la caméra et sourient.
"Ils ont pris nos biens parce que (en tant que filles) nous n’étions pas reconnues". Martine avec sa mère et deux de ses trois sœurs chez elles à Beni, en RDC. Photo : Brett Tarver

La plupart des filles que je défends ont entre 12 et 17 ans et ont été victimes de violences sexuelles et sexistes. En général, ce sont les nombreux conflits qui ont rendu ces filles orphelines et ont fait d’elles des victimes. Elles ne savent pas où aller ni qui peut les aider. Nombre d’entre elles finissent par se prostituer. De plus, lorsque des groupes de milices armées arrivent dans notre région et voient des jeunes filles, ils les kidnappent et les emmènent dans la brousse. Ces filles leur font à manger et sont souvent contraintes de se marier alors qu’elles ne sont encore que des enfants. 

De plus, les filles touchées par la guerre sont stigmatisées dans les écoles. Puisqu’elles sont orphelines, on leur dit qu’elles n’ont rien à dire. Lorsqu’elles voient, entendent et vivent de telles choses, elles baissent les bras et acceptent d’être exploitées parce qu’elles sont stigmatisées.

Une jeune fille congolaise se tient devant un mur de briques.
En participant au parlement des enfants, Martine a appris des choses sur les droits des femmes et des filles, et sur les outils pour se défendre et défendre les autres. Photo : Brett Tarver  

Le parlement des enfants m’a beaucoup aidée parce qu’il m’a offert de nombreux outils pour que j’évolue dans mon rôle de défenseuse des enfants. Je fais savoir aux femmes et aux filles qu’elles disposent de droits qui doivent être respectés. Je leur dis de ne pas avoir peur, de ne pas avoir de craintes et même de défendre les autres femmes. Je dis aussi aux filles qu’elles peuvent agir, même si elles ont été exploitées, notamment sexuellement, elles doivent se réveiller, elles doivent savoir qu’elles peuvent faire quelque chose pour avoir un avenir meilleur.

Toutes les conventions montrent que nous sommes égaux. Cela doit être respecté. Dans ma communauté, certains garçons pensent que les filles n’ont pas leur mot à dire. Nous voulons changer la mentalité de ces garçons, leur faire savoir que nous sommes tous égaux et que nous devons respecter les conventions des droits de la personne dans le monde. Ce n’est pas seulement une théorie.

Lorsque les filles se rendront compte que leurs droits sont respectés, je sais qu’elles feront de leur mieux pour réaliser tous leurs rêves et que les gens prendront conscience qu’elles peuvent agir et réussir tout ce qu’elles entreprennent. Il y a un proverbe qui dit que l’éducation d’une fille éduque une nation.  

Une jeune fille de la République démocratique du Congo regarde la caméra et sourit.
"Nous pouvons changer les choses dans notre pays." Martine est une ardente défenseuse qui prévoit de changer les choses dans sa communauté d’origine et au-delà. Photo : Brett Tarver

Nous sommes des acteurs et des actrices du changement pour notre pays. Je dois dire aux personnes au Canada que la RDC est un bon pays, nous avons presque tout, mais il existe de nombreux obstacles, comme les conflits. Cependant, nous pouvons nous développer, nous pouvons devenir un pays puissant dans le monde. Nous pouvons changer les choses dans notre pays. C’est ce que je dis aux enfants pour qu’ils retrouvent espoir.

Et je ne parle pas seulement des problèmes de mon pays. Je parle au nom de tous les enfants du monde. C’est pourquoi je suis porte-parole des enfants. Je veux vous dire que je continuerai à me battre pour que toutes les choses que j’ai dites se réalisent. Je veux que Vision Mondiale m’accompagne dans ce voyage.  

Selon des propos confiés à Brett Tarver

D’autres récits à lire

Répercussions de la COVID-19 sur la précarité des enfants dans le monde Across the globe, COVID-19 is increasing the problem of child poverty, and threatening to undo 20 years of significant progress towards achieving the Sustainable Development Goals.
Créer l’égalité grâce au sport À Nawada, en Inde, lorsque la joueuse de soccer Arpana, 16 ans, évoque les obstacles causés par son genre, elle parle d’une réalité avérée pour des millions de jeunes Indiennes.
Narges, travailleuse humanitaire afghane, fait entendre sa voix L’Afghanistan est l’un des endroits les plus dangereux au monde, surtout pour les femmes. Mais pour une travailleuse humanitaire Narges Ghafary, c’est une raison de plus pour parler au nom de ceux qui ont été réduits au silence.