Narges, travailleuse humanitaire afghane, fait entendre sa voix

août 19, 2019

“Je ne veux pas vivre avec des regrets. Je veux être une leader.”

 
Pour la plupart des femmes en Afghanistan, ce genre de rêve est inouï. Mais grâce à l’aide de sa famille et à sa détermination, il est désormais à portée de main pour Narges Ghafary.
 
L’Afghanistan est l’un des pays les plus dangereux du monde, en particulier pour les femmes. À cause des conflits, de la sécheresse et des inégalités persistantes entre les femmes et les hommes, il est difficile pour les filles et les femmes de réussir. Ancienne réfugiée, Narges est retournée dans son pays d’origine pour essayer de venir en aide à ses concitoyennes afghanes. Mais cela n’a pas toujours été facile.
 
Lorsqu’elle était jeune, Narges raconte qu’elle était très timide. Bien qu’elle ait été à l’école, chose que de nombreuses filles en Afghanistan ne sont pas autorisées à faire, Narges n’avait évolué que dans des environnements réservés aux femmes.
 
“Ma mère m’a pris par la main et m’a emmenée à l’Institut des sciences de la santé pour m’inscrire aux études de sage-femme », se souvient Narges. « Je n’avais pas confiance en moi et je ne parlais pas beaucoup. ”
 
Mais lentement, au fil de ses études et de son travail, Narges a gagné la confiance nécessaire pour s’exprimer.
 
La jeune femme a débuté avec Vision Mondiale comme sage-femme et a rapidement gravi les échelons pour devenir directrice des communications.
 
“Au début, je ne parlais pas lors des réunions parce que j’observais. Mais quand j’ai vu que seuls les hommes parlaient et que les femmes étaient silencieuses, j’ai dit : “Non, je ne me tairai pas”. J’ai partagé mes idées, même si parfois je faisais des erreurs, même si parfois les participants se moquaient de moi, et même si une fois, après une réunion, quelqu’un m’a dit que je n’aurais pas dû dire cela, j’ai quand même fait entendre ma voix. ” 
 
Et le fait de prendre la parole a été payant. Narges est maintenant la directrice des communications de Vision Mondiale Afghanistan et explique que partager les histoires des communautés qu’elle visite est la meilleure partie de son travail.

A young girl with a colourful blanket around her smilesPhoto prise par Narges lors d’une distribution de couvertures aux enfants afghans vivant dans la rue. Sarah, neuf ans, n’est jamais allée à l’école et aide sa mère à laver les vêtements pour soutenir leur famille.  

“J’ai vraiment consacré ma vie à ce travail. Je vais sur le terrain pour entendre les histoires de la communauté et les partager ensuite avec des gens du monde entier », raconte-t-elle. « Mais dans le domaine de la communication, être une femme n’est pas facile”
 
Dans de nombreuses régions où se rend Narges, les populations n’ont jamais vu une femme voyager seule, encore moins discuter avec des hommes et prendre des photos.
 
“Elle poursuit : « Les femmes me demandent : “Narges, comment fais-tu pour ne pas avoir peur? Tu es si courageuse.” Mais si je veux amplifier leurs voix, et pour amplifier les voix des femmes dans ces endroits, je dois me rendre sur place, je dois leur poser des questions, je dois prendre des photos. Si je ne le fais pas, qui sera là pour raconter les histoires de ces communautés? ”
 
Lorsqu’elle se rend dans des communautés éloignées, les femmes sont fascinées par cette jeune communicatrice indépendante. Elles lui demandent où et comment elle est allée à l’école et comment elle a le courage de faire son travail. « Je pense qu’elles veulent devenir comme moi et ne savent tout simplement pas comment », dit-elle.
 
Narges a quelques conseils pour les jeunes femmes : « J’aime apprendre de nouvelles choses. Bien que je n’ai pas de formation universitaire, j’essaie d’apprendre rapidement et de saisir de nouvelles opportunités. J’aime prendre des risques. C’est ainsi que nous pouvons atteindre nos objectifs. ”
 
À l’avenir, elle espère voir des femmes dans son pays assumer des rôles professionnels autres que « s’occuper des enfants, cuisiner et faire le ménage. Un jour, déclare-t-elle, j’espère que ces femmes feront entendre leur voix et diront : “Non, on peut le faire.’”
 
Avec des fichiers d’Amanda Cupido

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