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Retrouver son enfance

« Jum reap suor. » les mains jointes et la tête légèrement inclinée, on entend à peine la salutation traditionnelle du Cambodge qu’offre Din. Toujours vêtue de son uniforme scolaire, la jeune fille de 14 ans a l’air d’une fillette de 11 ans.

En cette chaude journée de décembre, elle accueille les visiteurs dans son humble maison au toit de tôle située aux abords de Phnom Penh, la capitale du Cambodge. Din témoigne un grand respect à ses grands-parents, qui prennent soin d’elle depuis que sa mère l’a abandonnée alors qu’elle était encore toute petite. Elle attend qu’on lui dise où s’asseoir et n’ouvre la bouche que pour répondre aux questions qu’on lui pose.

C’est sans aucun doute le même respect qu’elle a témoigné à sa tante plus tôt cette année lorsque cette dernière l’a invitée à aller dans un jardin public. Portant ses plus beaux vêtements, sa tante et elle sont arrivées à une maison isolée.

Promettant de revenir sous peu, elle a dit à Din d’attendre à l’intérieur pendant qu’elle allait au marché acheter quelques articles. La tante de Din n’est jamais revenue. Quatre heures plus tard, un homme est arrivé, l’a ligotée et bâillonnée, puis il l’a violée.

« J’étais prisonnière dans cette maison », dit-elle. « Chaque soir, l’homme me faisait subir les mêmes traitements. » Il a gardé Din captive durant deux mois, avant de la renvoyer avec 10 $ en poche, sans lui indiquer comment retourner chez elle.

Personne ne sait ce qui est advenu de la tante de Din. Ni du prix qu’elle a obtenu de la vente de sa nièce. Mais une chose est certaine : dans un pays où plus du tiers de la population vit avec moins d’un dollar par jour, le commerce du sexe se révèle une entreprise profitable pour ceux qui luttent pour survivre.

C’est l’une des raisons pour lesquelles cette entreprise illégale est tout aussi florissante que l’industrie du tourisme au Cambodge qui attire plus d’un million de visiteurs par an. Bien qu’on puisse difficilement en déterminer le nombre exact, on croit que plus de 80 000 femmes et enfants sont impliqués dans le commerce du sexe au Cambodge.

À Phnom Penh, la pauvreté est endémique et ses conséquences évidentes chez les enfants : vêtus de haillons, les garçons et les filles sillonnent les rues et vendent ce qu’ils réussissent à dénicher ; une foule d’enfants, certains d’aussi peu que cinq ans, mendient de l’argent aux touristes ; on retrouve tout aussi bien des jeunes que des bébés couchés sous les arbres et les lumières de rue. Avec une culture qui ne signale que le strict nécessaire aux autorités et croit que les étrangers jouissent d’impunité, le Cambodge représente le refuge idéal des pédophiles.

Lorsque Vision Mondiale a lancé son programme d’aide aux enfants des rues au milieu des années 1990, le personnel s’est vite rendu compte que les filles avaient particulièrement besoin d’être protégées. Un centre de rétablissement a donc été mis sur pied à Phnom Penh pour protéger et appuyer les filles victimes de traite, de viol ou de violence sexuelle. Le personnel a nommé le centre « Neavear Thmey », qui signifie « jeune navire » en khmer et représente le cheminement des filles vers le rétablissement.

Le centre qui peut abriter environ 60 filles, bourdonne d’activités. Les filles peuvent y apprendre à peu près n’importe quoi, de l’aérobie au tissage de foulards traditionnels. La plupart d’entre elles y restent de six à 12 mois et y reçoivent du counseling, des soins de santé, une éducation et une formation professionnelle.

Din est arrivée au centre après qu’une voisine l’ait présentée à Kim Sin, membre du personnel de Neavear Thmey. C’est ici que Din a pu se remettre de son traumatisme, acquérir de nouvelles compétences et même se découvrir une passion pour la coiffure.

« La conseillère m’a aidée à surmonter mes peurs », dit Din, qui y est restée durant six mois. « Lorsque je suis revenue chez mes grands-parents, je me sentais beaucoup plus en sécurité et beaucoup plus heureuse qu’avant. »

Lorsque Din est revenue à la maison, Vision Mondiale a payé ses frais scolaires afin qu’elle puisse poursuivre ses études. Pour aider à subvenir aux besoins de sa famille qui survit en vendant des biens récupérés, les membres du personnel paient une partie des frais de subsistance de la famille et leur apportent de la nourriture.

Bien qu’elle ne parle pas beaucoup de son épreuve, Din a transmis à sa cousine de 13 ans ce qu’elle a appris au centre sur les dangers de la traite d’enfants. Elle lui a également enseigné ce qu’elle a appris sur la coiffure. Armée d’un peigne et d’un enthousiasme débordant, Din est toujours prête à faire l’essai de nouvelles coiffures sur quiconque accepte de s’y prêter. Rêvant de travailler un jour dans un salon de beauté, il n’est pas surprenant que Din désire en apprendre encore plus.

Entretemps toutefois, elle doit réapprendre à profiter de son enfance.

– D’après des dossiers de Chamnap Nay

Les conseillers au centre de rétablissement de Vision Mondiale au Cambodge utilisent des poupées et d’autres jouets pour aider les enfants à surmonter leur traumatisme.
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