Par Jennifer McPhee
Dans bien des régions du monde, les femmes sont toujours considérablement plus pauvres que les hommes et ont un statut social inférieur. Toutefois, le défi le plus important qu’elles affrontent est le manque de possibilités — et non le manque de volonté.
Vision Mondiale aide ces femmes à échapper à la pauvreté en leur offrant des microprêts pour lancer ou développer leur propre entreprise.
Ces prêts profitent également aux enfants puisque, d’après des recherches, les femmes sont beaucoup plus susceptibles que les hommes d’utiliser leurs revenus pour acheter des aliments nutritifs et obtenir des soins de santé et une éducation pour leur famille.
1,8 million d’enfants profitent des microprêts
VisionFund est une filiale de Vision Mondiale qui exploite des institutions de microfinancement dans 47 pays en développement. Ces institutions accordent de petits prêts à faible taux d’intérêt à des gens pauvres qui ont de bonnes idées pour lancer une entreprise, mais ne possèdent ni les biens ni les antécédents en matière de crédit pour obtenir un prêt traditionnel. Vision Mondiale Canada est actuellement le plus important organisme subventionnaire de VisionFund.
Durant l’exercice financier 2008, VisionFund a accordé des prêts à 600 000 personnes. Soixante-huit pour cent d’entre elles étaient des femmes et 1,8 million d’enfants en ont également profité.
Lorsque les clients prouvent qu’ils sont dignes de confiance en investissant adéquatement, puis en remboursant leur premier prêt, ils remplissent les conditions exigées pour un deuxième prêt plus important. Ils peuvent continuer d’obtenir des prêts tant et aussi longtemps qu’ils demeurent solvables, explique Scott Bellows, directeur des projets spéciaux internationaux pour VisionFund International.
Les prêts remboursés sont réintégrés dans le système pour aider un plus grand nombre de pauvres prêts à travailler dur. De plus, les clients profitent d’une formation commerciale, qui les aide à maintenir un taux de remboursement exceptionnel de 98,2 pour cent. Selon Bellows, ce taux est quatre pour cent plus élevé que l’était le taux de remboursement des cartes de crédit en Amérique du Nord avant la crise financière actuelle. « Au niveau des remboursements, nous nous en tirons mieux que les pays développés », dit-il.
Deux histoires de réussite
Eugenie, une femme pauvre du Rwanda, a utilisé son premier prêt pour acheter un sac d’oignons qu’elle a vendu au bord de la route. Elle a remboursé le prêt et utilisé les prêts suivants pour louer un espace au marché local. Elle loue maintenant une table sur la place du marché local et on la considère comme faisant partie de la classe moyenne dans son village.
Une autre femme rwandaise, veuve mère de quatre enfants, a utilisé son microprêt pour ouvrir un magasin où elle vend du savon, du sel et du sucre. Sa réussite lui a permis non seulement de mieux prendre soin de ses propres enfants, mais d’adopter quatre orphelins. Chose étonnante, elle est devenue juge dans sa communauté — un honneur rarement accordé aux femmes dans la région d’Afrique où elle vit.
Améliorer des vies de femmes
De nombreuses études démontrent qu’éduquer les femmes et les filles est la stratégie la plus efficace pour assurer le bien-être et la santé des enfants, de même que la réussite des pays en développement. Malgré ces constatations, les deux tiers des enfants sans éducation dans le monde sont des filles et les deux tiers des adultes analphabètes, des femmes.
Les enfants de plusieurs nouveaux clients du programme de microfinancement ne vont pas à l’école. Toutefois, après avoir obtenu seulement deux petits prêts, ces familles ont habituellement suffisamment d’argent pour commencer à payer les droits de scolarité, dit Bellows. « Il est très encourageant, lorsqu’on se rend sur le terrain, d’entendre des femmes s’écrier : “Merci de me permettre d’envoyer mes enfants à l’école. Merci de me permettre de nourrir mes enfants. Mon enfant souffrait de la malaria et j’ai pu acheter les médicaments pour le soigner.” »
VisionFund travaille dans les mêmes régions que Vision Mondiale ; les clients des programmes de microfinancement profitent donc également des autres initiatives de Vision Mondiale en matière d’eau, d’agriculture, de santé et d’éducation. « Vision Mondiale incorpore tous les éléments du développement », dit Bellows.
Ces programmes de Vision Mondiale ont fait la liste de Forbes des 50 meilleures institutions de microfinancement au monde.