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Valeur de leur fille : 6 000 $

par Mary Kate MacIsaac

Alors que de nombreuses fillettes de 11 ans rêvent de se marier un jour, peu d’entre elles s’attendent à être vendues comme mariées tandis qu’elles sont encore à l’école primaire.

En Afghanistan, sous l’assaut d’une sécheresse grave et d’une crise alimentaire mondiale, des familles ont recours à des mesures désespérées, vendant leurs filles qui ont parfois aussi peu que sept ans pour alléger leurs dettes et acheter de la nourriture.

« Nous avons dû vendre Fatima »
Fatima* a seulement onze ans. Elle est en 3e année. C’est son cours de dari, sa langue maternelle, qu’elle préfère. En présence d’invités, elle parle peu et semble timide. Saisissant son foulard de tête pour couvrir sa bouche, elle baisse les yeux chaque fois qu’on lui adresse la parole.

« J’aime l’école », souffle-t-elle d’une voix à peine audible. « Je suis une bonne élève. Un jour, j’aimerais être médecin. »

Mais il est bien peu probable que Fatima réalise son rêve. Son père l’a récemment fiancée à un membre de la communauté contre 300 000 afghanis, soit l’équivalent de 6 000 $.

« Nous avons été obligés de le faire », déclare Sausan*, 35 ans, mère de la fillette. Son visage placide ne reflète aucune émotion, non par signe d’insouciance, mais plutôt de lassitude. Elle a récemment donné naissance à son septième enfant et souffre d’anémie, conséquence d’une maladie de carence et de perte sanguine.

« Nous n’avons pas d’argent, explique-t-elle. Comment neuf d’entre nous peuvent-ils se nourrir avec deux ou trois dollars par jour, en plus de toutes les autres dépenses? Nous avons dû vendre Fatima pour rembourser toutes les personnes auxquelles nous devons de l’argent. »

De nombreuses familles à travers l’Afghanistan croulent sous le poids de la pénurie alimentaire mondiale et de la sécheresse grave. Les provinces mal desservies de Badghis et de Ghor sont particulièrement touchées.

Les gens d’ici ont désespérément besoin d’aide.

Répercussions de la crise alimentaire
Pour la plupart des Afghans, l’aliment de base est la farine de blé, utilisée dans la fabrication du pain.

Il y a un an, un sac de farine de blé de huit kilos coûtait 80 afghanis. Aujourd’hui, à Badghis, il en coûte 400. Alors que le prix du blé monte en flèche et que le fourrage disparaît, les animaux sont vendus pour accroître les revenus familiaux.

La famille de Fatima n’a ni terre ni animaux à vendre. La moitié de ses revenus mensuels est utilisée pour régler le loyer de sa petite maison de terre battue de deux pièces. Ce qui reste ne suffit pas pour acheter de la farine de blé. Fatima est l’un de leurs derniers atouts.

« J’aimerais tant que notre pays soit développé. »
Tandis que Sausan parle, Fatima demeure tranquillement assise près de la fenêtre. Son visage est aussi inexpressif que celui de sa mère.

Sausan explique que Fatima ne sera pas forcée à se marier immédiatement. Elle peut continuer à vivre à la maison et aller à l’école durant encore quatre ans. « Nous avons précisé dans l’entente que c’était un impératif. »

« Tout ce dont je rêvais, c’était d’avoir un logement adéquat, suffisamment de nourriture, une famille en santé et un pays où règne la paix et où mes enfants pourraient obtenir une éducation », déclare Sausan.

Fatima a à peu près les mêmes rêves que sa mère. « J’aimerais que notre pays soit développé. J’aimerais que la végétation soit luxuriante et que la paix règne. »

Interventions de Vision Mondiale
Pour que les familles afghanes n’aient plus à vendre leurs filles, Vision Mondiale s’apprête à fournir des rations alimentaires aux familles les plus désespérées des provinces de Badghis et de Ghor.

Pour empêcher que les troupeaux, qui constituent une source de revenus pour les familles, ne soient décimés, du fourrage sera fourni aux familles qui possèdent des animaux. Des spécialistes en agriculture craignent que la dévastation continue des troupeaux entraîne l’effondrement du marché de viande domestique, aggravant la crise alimentaire.

En plus de l’adoption de ces mesures, des trousses contenant des articles non alimentaires seront placées dans des centres qui connaîtront probablement une plus forte migration à mesure que la situation se détériore.

Ce que vous pouvez faire pour aider
Il est triste mais vrai que les enfants de sexe féminin sont plus vulnérables lors de crises. Vous pouvez faire un don qui aidera à assurer que les filles aient accès à une éducation, une formation axée sur des compétences, de l’aide d’urgence et d’autres ressources importantes.

Pour de plus amples renseignements, cliquez ici.

* Les noms ont été changés pour protéger les identités.

Fatima, 11 ans, a récemment été fiancée à un homme deux fois plus vieux qu’elle contre 6 000 $. La crise alimentaire mondiale, aggravée par une sécheresse dévastatrice, force de nombreux Afghans à adopter des mesures extrêmes pour nourrir leur famille et alléger le fardeau de leurs dettes. Photos : Mary Kate MacIsaac, Vision Mondiale.
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