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Une présentatrice de CTV visite un projet au Nicaragua

Angel Blair, présentatrice météo pour CTV à Regina, s’est rendue au Nicaragua avec Vision Mondiale Canada; elle y a découvert de quelle façon le parrainage d’enfants transforme une communauté. Elle nous fait part ci-dessous de ses réflexions.

Nicaragua, mai 2008

L’inconnu...
J’ai appris que nous nous rendions au Nicaragua deux semaines avant notre départ. J’étais emballée! Mon emploi de présentatrice météo m’amène à aider de nombreuses personnes nécessiteuses par le biais d’activités de financement, mais je n’ai jamais vécu une telle expérience. Bien que je me sois efforcée de ne me créer aucune attente, j’ai tout de même cru ceux qui m’ont dit : « ce voyage va changer ta vie ». Et c’est ce qui est arrivé!

Une tout autre signification au mot « pauvre »
La première fois où nous nous sommes rendus dans les régions rurales, nous avons découvert l’extrême pauvreté. Les familles d’ici ont des appareils électroniques, des jouets, des vêtements. Les familles du Nicaragua n’ont pas d’eau potable, pas d’aliments frais et pas même de médicaments de base. Imaginez un sol de terre battue, un toit de tôle plein de trous, un cochon ou une poule traversant votre maison, qui est en fait une simple hutte d’une pièce. Le pire dans tout ça, c’est qu’ils ne profitent d’aucune aide... ni banque alimentaire ni aide du gouvernement. Aucune aide.

L’équipe de Vision Mondiale et le travail qu’elle accomplit...
Je dois admettre qu’avant mon voyage, j’en savais très peu sur Vision Mondiale, si ce n’est de leurs annonces télévisées. Mon instinct de reportrice s’est réveillé lorsqu’on nous a présenté des enfants parrainés depuis un an dont la famille vivait toujours dans une hutte et avait extrêmement besoin d’aide. L’équipe de Vision Mondiale a été très ouverte et a expliqué clairement les étapes qu’elle suit pour venir en aide aux régions frappées par la pauvreté. Je comprends maintenant l’idée derrière sa stratégie à long terme. Il est tout à fait logique de ne pas simplement donner de l’argent, puis de quitter la région. Il est merveilleux de voir les villes et villages où les fonds de Vision Mondiale opèrent des transformations à long terme, ce qui nécessite de 10 à 15 ans.

Ce que j’ai pu constater et ce que cela a signifié pour moi...
Le troisième jour, j’ai vu une fillette qui présentait une ressemblance frappante avec ma petite cousine. Cela m’a amenée à penser comme nous sommes chanceux d’être nés ici, au Canada. Nous avons pleinement accès à des soins médicaux et à une éducation — contrairement à cette fillette, qui n’y a qu’un accès limité. Cela m’a également rappelé que tous les enfants se ressemblent. Ils adorent jouer et ont besoin de si peu pour être heureux et insouciants. Certains enfants du Nicaragua doivent parcourir plusieurs milles l’estomac vide simplement pour aller à l’école. Ils ne devraient pas avoir à s’inquiéter de boire de l’eau contaminée par des parasites; ils devraient penser à jouer avec leurs amis et à pratiquer différents sports.

La plupart des familles que nous avons rencontrées avaient manifestement besoin d’aide et pourtant, elles ne cessent de s’agrandir. Je me suis demandé : « Pourquoi continuent-ils d’avoir des enfants alors qu’ils n’ont pas les moyens de subvenir aux besoins de ceux qu’ils ont déjà? »... On m’a dit que, bien souvent, les femmes désirent utiliser une méthode contraceptive, mais elles ont peur que leur mari les abandonne si elles le font. En raison du manque d’instruction, les hommes croient que leurs femmes n’utilisent une méthode contraceptive que si elles désirent être infidèles. À titre de femme, cela m’a grandement attristée.

Une fillette prénommée Jayce, rencontrée dans un tout nouveau laboratoire informatique, m’a démontré à quel point il est important d’aider les enfants. Je lui ai demandé de me montrer son travail sur l’ordinateur, mais elle s’est plutôt dirigée vers la commande peindre et a dessiné le mot « amour ». Malgré l’immense obstacle des langues, nous avons fait de notre mieux en utilisant les quelques mots d’espagnol et d’anglais que nous connaissions pour communiquer. C’était génial! On nous a raconté comment de nombreux enfants parrainés sont devenus médecins ou dirigeants communautaires... Les jeunes ont tant d’aptitudes et c’est à nous, les adultes, de les aider à les développer.

Ce que je n’oublierai jamais...
La partie la plus difficile de mon voyage a été ma rencontre avec Kevin et sa famille. Kevin est un garçon de cinq ans qui s’est blessé alors qu’il était en route pour l’école. Il est tombé et s’est cassé la jambe. Pour la plupart des gens, cet évènement semble n’avoir rien d’extraordinaire. Mais dans cette situation, la première opération que Kevin a subie n’a pas réussi. En réalité, Kevin a subi plusieurs opérations qui n’ont pas réussi — sans mentionner un plâtre que personne n’a jamais vérifié. La gangrène s’est répandue dans la jambe de Kevin et bien qu’il n’ait pas dû être amputé, il ne peut plus bouger sa jambe. Sans fauteuil roulant ni réadaptation, ce petit garçon ne peut que rester couché sur un lit de camp à longueur de journée.

Par le biais d’une interprète, j’ai parlé à la mère de Kevin. Elle m’a expliqué que la famille avait de graves difficultés financières et affectives.

À certains moments de l’entrevue, nous étions toutes trois silencieuses. Cela pourra vous sembler bizarre, mais vous pouvez parfois parler à quelqu’un en le regardant simplement dans les yeux. En tant que reportrice, je savais quelles questions poser... mais je ne voulais pas le faire. Je ne voulais pas la faire pleurer et je ne pouvais m’empêcher de pleurer, moi aussi. C’était vraiment difficile.

J’étais triste que ce petit garçon soit traumatisé. La mère de Kevin a expliqué que chaque fois qu’un véhicule passait près de leur ferme isolée, Kevin croyait qu’il serait de nouveau emmené à l’hôpital et son visage reflétait un grand désespoir.

Cette nuit-là, je me suis réveillé les larmes aux yeux. J’ai été surprise de constater que la situation de la mère de Kevin me bouleversait. Je ne pouvais m’empêcher de comparer ma vie à la sienne...

Elle a tant besoin d’aide. Elle est si jeune et à mes yeux, semble prisonnière d’une situation presque désespérée. Le fait que son mari gagne à peine plus de 12 $ par mois et qu’ils soient forcés d’habiter avec ses parents et une autre famille dans une hutte — sans avoir suffisamment à manger — voilà ce qui rend leur situation désespérée. Mais elle est bouleversée parce qu’elle ne peut pas aider son fils; elle est triste parce qu’il est triste. Elle ne peut pas travailler parce qu’elle ne peut pas laisser Kevin seul à la maison. J’ai eu le cœur brisé lorsqu’elle m’a dit : « J’ai tellement de peine pour Kevin que certains jours, je ne quitte pas la maison. Je reste simplement assise à ses côtés. »

En fin de compte...
Je suis extrêmement reconnaissante d’avoir eu cette chance. Je pense constamment à mon voyage au Nicaragua. Je repense aux habitants, aux paysages extraordinaires, aux sourires et aux larmes. Je réfléchis à ce que je peux faire pour les aider et j’entrevois une multitude de possibilités...

Gareth Dillistone, caméraman pour CTV, filme l’entrevue menée par Angel Blair auprès de Kevin et de sa mère tandis que Miriam Diaz, membre du personnel de Vision Mondiale au Nicaragua et Tara Yolan, reportrice et présentatrice pour CTV, les observent.
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