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Les membres du personnel de Vision Mondiale travaillent dans de nombreuses régions du monde et sont quotidiennement exposés à des dangers. Leur foi et leur engagement à servir les pauvres affirment leur détermination.
Le 26 août, monsieur Abraham Hadoto, directeur des opérations pour Vision Mondiale dans le sud du Darfour, se préparait à monter dans l’avion qui le ramènerait au bureau de Vision Mondiale Soudan situé à Khartoum. Son vol n’avait toutefois rien de régulier ; il s’est retrouvé à la merci de pirates de l’air. Suite à son épreuve, Hadoto a consigné son expérience dans un journal.
Mardi 26 août 2008
Je m’enregistre à l’aéroport Nyala, au Soudan, pour mon vol vers le bureau de Vision Mondiale Soudan, à Khartoum. On nous informe que le vol est retardé.
16 h 40 Je remarque deux jeunes hommes bien habillés, dans la vingtaine. Les gens ainsi vêtus participent habituellement à un mariage, mais je ne vois pas de mariée.
16 h 45 Nous montons à bord d’un Boeing 737 de Sun Air. Une agente de bord m’indique mon siège, le 9D, à l’arrière de l’avion. J’en suis heureux, car je suis plutôt grand. Deux hommes prennent place dans la classe affaire — l’un à gauche et l’autre à droite de l’allée, à l’avant de l’avion. Un homme âgé, qui ne comprend pas l’anglais, occupe le siège 9E.
17 h 25 Présentation des consignes de sécurité en anglais et en arabe. Je comprends très peu l’arabe et j’écoute attentivement l’annonce en anglais.
17 h 40 Nous avons décollé. J’entends un cri, puis je vois une agente bouleversée essayer d’ouvrir le rideau menant à la classe affaire. L’un des passagers élégamment vêtus apparaît, brandissant une arme à feu. Son collègue est déjà rendu dans le poste de pilotage.
18 h 25 Le pilote nous annonce les mauvaises nouvelles. L’avion est détourné et on lui a ordonné de se rendre en France. Le pilote demande à tous les passagers de suivre à la lettre les directives des pirates de l’air. Puisque je ne comprends pas l’arabe, je me tourne vers mon voisin. Ma curiosité me permet de découvrir ce qui se passe.
19 h 45 Le pilote annonce que nous n’avons pas suffisamment de carburant pour nous rendre jusqu’en France et demande à tous les passagers de prier. Il nous informe également qu’il a demandé à plusieurs aéroports la permission d’atterrir, mais qu’ils ont tous refusé. C’est très effrayant.
20 h 05 Nous survolons actuellement la ville de Kufra, en Libye. L’avion fait le tour de la ville à deux reprises. Le pilote demande la permission d’atterrir. Alors qu’il s’apprête à faire le tour de la ville une troisième fois, le moteur de droite se tait. Je prie avec ferveur. Mon voisin musulman fait de même. L’appareil oscille dangereusement, presque hors de contrôle. « Dieu Tout-Puissant, fais quelque chose ! »
20 h 15 L’avion atterrit à l’aéroport militaire de Kufra. Nous remercions Dieu.
23 h Nous n’avons ni eau ni nourriture. Nous avons soif et souffrons de déshydratation. La chaleur du désert aggrave la situation, qui est encore plus pénible pour les enfants et les personnes âgées. Le pilote n’a plus de carburant et ne peut donc faire fonctionner l’air conditionné et on lui a interdit d’ouvrir les portes et les fenêtres. La plupart des passagers ont succombé à la fatigue et se sont endormis sur leur siège.
Mercredi 27 août 2008 6 h Le lever du soleil entraîne une nouvelle vague de chaleur. Les passagers s’effondrent les uns après les autres. Les pirates de l’air séparent les personnes âgées, les enfants et les mères des autres passagers. Les négociations entre les autorités libyennes et les pirates se poursuivent.
8 hLes passagers s’agitent de plus en plus. On réclame de l’eau à grands cris. 10 h Le vacarme est infernal. La soif et la faim accablent les passagers. On commence à réclamer la tête des pirates. Certaines personnes profitent du désordre qui s’ensuit pour sauter par la porte arrière de l’avion. C’est très haut et trois d’entre eux sont grièvement blessés. Je demeure assis sur mon siège.
10 h 30 Les négociations aboutissent à la libération de tous les otages. Je reste dans l’avion jusqu’à ce que toutes les femmes et tous les enfants soient évacués. L’aéroport fourmille de personnel militaire et de représentants des médias.
14 h 15 Je communique avec le directeur des opérations et le responsable de la sécurité du personnel de Vision Mondiale à Khartoum. Je leur indique à quel endroit je suis et leur assure que je suis en sécurité et en santé.
15 h On me demande de rencontrer des membres du personnel de sécurité des Nations Unies, qui désirent en savoir plus long sur l’incident. On nous sert à dîner et on nous dit qu’un vol vers Khartoum décollera dans deux heures.
17 h Les deux pirates de l’air arrivent dans la salle d’attente principale sous bonne garde. Le personnel de sécurité libyen est en émoi.
20 h 35 Nous montons dans l’avion qui nous ramènera à Khartoum. 22 h 40 Nous atterrissons à Khartoum. Des collègues de Vision Mondiale m’accueillent à l’aéroport. Les représentants de l’armée, des médias et du gouvernement soudanais sont en grand nombre. Les vérifications de sécurité nécessitent deux heures.
00 h 50 Nous quittons l’aéroport. Je désire remercier le partenariat de Vision Mondiale d’avoir prié pour moi et de s’être préoccupé de mon sort. Gloire à Dieu de me donner une autre chance sur la Terre.
Monsieur Hadoto travaille pour Vision Mondiale, s’attaquant à la crise humanitaire dans la région du Darfour.
Vous pouvez aider
Vision Mondiale à atteindre son objectif consistant à recueillir un million de dollars pour aider les enfants et familles souffrant de malnutrition grave au Soudan.
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