À 75 ans, Zoe Namasinga devrait jouir de ses petits-enfants comme le font la plupart des retraités : à petites doses.
Cette aînée ougandaise est plutôt devenue le parent-substitut de 15 petits-enfants, qui sont les enfants de ses quatre fils et brus - tous décédés des suites du sida.
Bien que sa situation puisse sembler extraordinaire, Zoe Namasinga n'est que l'une des milliers ou peut-être même des millions de grands-parents africains qui prennent soin de leurs petits-enfants orphelins.
La génération qui sépare les grands-parents de leurs petits-enfants a été décimée par la pandémie du sida. Leur absence oblige les aînés à élever leurs petits-enfants, une tâche épuisante. Et ces petits-enfants ont parfois la lourde tâche de s'occuper de grands-parents vieillissants.
Les enfants orphelins du sida
Selon les Nations Unies, plus de 14 millions d'enfants d'Afrique subsaharienne sont orphelins du sida. Ce nombre dépasse celui des populations des moins de 18 ans du Canada, de la Norvège, de la Suède, du Danemark et de l'Irlande réunies.
Moins de 10 pour cent des enfants orphelins ou vulnérables en raison du sida bénéficient d'assistance ou de services publics. Et, selon HelpAge International, une organisation qui défend les droits des personnes âgées, plus de la moitié de ces enfants vivent avec leurs grands-parents.
De quelle façon Vision Mondiale aide
Les maigres revenus de Zoe proviennent de son travail de sage-femme. Elle cultive également un petit lopin de terre. Toutefois, la famille compte beaucoup sur l'aide qu'offre Vision Mondiale pour combler ses besoins fondamentaux.
Cinq des enfants sont parrainés par l'entremise de Vision Mondiale et des membres du personnel rendent régulièrement visite à la famille.
« Si des travailleurs de Vision Mondiale nous rendent visite et voient que je suis trop faible pour cultiver, soit ils me donnent de l'argent pour que j'embauche de l'aide sur la ferme ou ils me donnent des vivres, tels de la farine de maïs ou des haricots, pour nous aider à tenir le coup », explique Zoe.
« Nous n'avions pas d'endroit adéquat où dormir, mais ils nous ont aidés à construire cet abri, poursuit-elle. Ils nous ont aidés à payer les frais de scolarité pour que mes petits-enfants puissent continuer à aller à l'école...Vision Mondiale nous permet d'obtenir les traitements nécessaires lorsque les enfants sont malades et nous fournit des vêtements et de la literie. »
Transfert des responsabilités
Bien que Zoe fasse preuve d'une grande force morale, son corps est frêle. Elle a récemment dû être hospitalisée pour l'ablation d'une tumeur dans la bouche.
La dure réalité est que Zoe pourrait sous peu nécessiter des soins à temps plein. Elle ne vivra peut-être pas assez longtemps pour prendre soin de tous ses petits-enfants jusqu'à ce qu'ils aient atteint l'âge adulte. C'est une situation difficile, qui se répète malheureusement dans des milliers de foyers affectés par le sida à travers l'Afrique.
Le fardeau des responsabilités est peu à peu transféré à Mary, l'aînée des petits-enfants. À 17 ans, cette jeune femme à l'esprit pratique poursuit ses études et, dans ses temps libres, aide sa grand-mère lors d'accouchements. Mary planifie devenir infirmière « pour pouvoir prendre soin de ma grand-mère », dit-elle.
« Grand-mère a tant fait pour moi. Sans elle, j'aurais beaucoup souffert, dit Mary. Nous savons tous que grand-mère a fait de grands sacrifices pour tous ses petits-enfants et qu'elle n'a pas eu la vie facile. »
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