Vision Mondiale: la guerre terminée, le Sri Lanka devra relever quatre défis
MISSISSAUGA, ON, le 18 mai /CNW/ - Que faire après ? Comme la guerre contre les Tigres de libération de l'Îlam Tamoul (LTTE, pour "Liberation Tigers of Tamil Eelam") qui a poussé près d'un quart de million de Tamouls dans des sites de déplacés tire à sa fin, voilà la question qui pèse sur la prochaine phase de l'action humanitaire au Sri Lanka, selon Vision Mondiale.
"La guerre conventionnelle est peut-être terminée, mais le vrai problème maintenant consiste à créer un environnement dans lequel les groupes déplacés de Tamouls peuvent panser leurs plaies et avoir une vraie chance de se bâtir un avenir, pour eux-mêmes et pour leurs enfants", affirme Suresh Bartlett, directeur national de Vision Mondiale au Sri Lanka.
Cette organisation de secours humanitaire, de développement et de défense des droits a aidé ceux qui se trouvaient dans les sites de déplacés en leur fournissant de l'eau, de la nourriture, des abris, des produits non-alimentaires d'urgence et en proposant des programmes psychosociaux, de nutrition et d'éducation pour les enfants. Vision Mondiale s'attachera donc à atteindre quatre objectifs afin de permettre aux enfants de reprendre une vie normale après la guerre.
- Retourner les gens sur leurs propres terres et dans leurs propres maisons le plus tôt possible et, ensuite, leur fournir l'aide nécessaire pour qu'ils puissent reprendre leurs vies en main. Dans de nombreux cas, ils devront être accompagnés d'équipes de déminage, de reconstruction des infrastructures et de remise en état des moyens d'existence(1).
- Offrir une aide spéciale aux enfants pour répondre à leurs besoins physiques, psychosociaux, affectifs et éducationnels. Des dizaines de milliers d'enfants ont gravement souffert, que ce soit sur le plan affectif, physique ou mental. Ils ont en effet vécu des mois de combats rapprochés extrêmement violents, ont souffert d'un manque de soins de santé et n'ont eu qu'un accès limité à des abris ou à de la nourriture. Les organisations d'aide et les ministères du gouvernement doivent identifier les enfants qui ont subi des traumatismes et trouver des solutions créatives pour régler ce problème particulier(2).
- Des programmes de développement de la confiance sont essentiels à la création d'un environnement pacifique. Il est possible que de nombreux Tamouls venant de la région auparavant contrôlée par le LTTE n'aient jamais eu de voisin ou d'ami cinghalais. De même, les habitants du sud pourraient se méfier des Tamouls du nord. Un fort pourcentage de Cinghalais de Colombo ou du sud du pays n'est jamais allé dans la zone de conflit, au nord(3).
Vision Mondiale prévoit promouvoir de tels programmes en plus de continuer à demander au Canada d'appuyer le gouvernement du Sri Lanka dans l'adoption de mesures immédiates qui permettraient de trouver une solution et un plan durables qui s'attaquent aux causes profondes du conflit, permettent de responsabiliser la population et de promouvoir la bonne gouvernance locale et aident à remettre sur pied les services de base et les infrastructures essentielles.
- Des millions de dollars en aide devront être trouvés. Les dons de généreux Canadiens représentent une aide non négligeable dans le cadre de ce conflit, mais la communauté internationale, les donneurs et les banques doivent aussi donner ou prêter des millions de dollars afin de financer les phases de retour, de rétablissement et de réadaptation. Aucun de ces programmes ne pourrait voir le jour sans l'engagement de la communauté internationale à participer à ces travaux de remise en état. Sans cet appui, le pays pourrait ne pas pouvoir faire les pas nécessaires pour gagner la paix et perdrait ainsi une chance unique(4).
Vision Mondiale accepte les dons afin d'aider les victimes de ce conflit. Ceux qui désirent les aider peuvent se rendre sur le site VisionMondiale.ca ou composer le 1-800-363-5021.
Notes :
(1) Selon M. Bartlett, "on compte maintenant près de 250 000 personnes dans les sites de déplacés, dont environ 80 000 enfants. Ces gens ont été déplacés de nombreuses fois et, en fait, ces sites ne représentent pour eux qu'un déplacement de plus, quoiqu'ils y soient en sécurité et que leurs besoins de base soient satisfaits. Il importe de pouvoir retourner ces gens chez eux le plus tôt possible pour qu'ils puissent à nouveau se sentir en contrôle de leur propre vie, retrouver leur dignité et leur gagne-pain et créer un environnement dans lequel leurs enfants se sentiront en sécurité."
(2) Selon M. Bartlett, "la santé des enfants s'améliorera de beaucoup si nous pouvons les retourner chez eux et, ensuite, à l'école. Les enfants doivent retourner là où des voisins et des enseignants peuvent les surveiller et recréer ainsi un sens de normalité, ce dont les enfants ont grandement besoin. Des centaines d'écoles doivent être reconstruites, réparées et réapprovisionnées, et le personnel enseignant doit y retourner pour que cette normalité puisse se concrétiser."
(3) Selon M. Bartlett, "nous devons mettre sur pied des programmes de développement de la confiance pour vaincre des années de préjugés. Il est d'ailleurs particulièrement important de se concentrer sur la prochaine génération, les enfants, pour leur donner la chance de se rencontrer et de se connaître. Nous préconiserions des programmes de développement de la confiance qui permettraient aux populations tamoules et cinghalaises de se rencontrer, particulièrement celles qui vivaient autrefois le long de ce qui était la ligne de contrôle qui divisait le pays."
(4) Selon M. Bartlett, "le financement mondial est sollicité par de nombreux problèmes, notamment la situation au Pakistan et le virus H1N1, mais le Sri Lanka ne devrait pas être oublié. Nous devrions penser aux dizaines de milliers d'enfants qui seront laissés de côté si nous n'aidons pas à reconstruire la vie de leur famille et si nous ne répondons pas à leurs besoins particuliers. Près de trente ans de guerre ont déjà détruit l'avenir de deux générations d'enfants. Nous ne devons pas permettre que cette situation perdure."
- Les donneurs de Vision Mondiale aident plus de 61 577 enfants au Sri Lanka, et les Canadiens parrainent 17 500 de ces enfants. Les enfants parrainés ne vivent pas dans la zone de combats. Vision Mondiale a commencé à travailler au Sri Lanka en 1977.
- Vision Mondiale est un organisme de secours humanitaire, de développement et de défense des droits à vocation chrétienne qui travaille auprès des enfants, des familles et des collectivités pour lutter contre la pauvreté et l'injustice. Vision Mondiale vient en aide à tous ceux et celles qui en ont besoin, sans égard à la religion, à la race, à l'origine ethnique ou au sexe.
Renseignements: Pour obtenir une entrevue avec un membre du personnel de Vision Mondiale, prière de communiquer avec:
Janie Mercky, Tél.: (514) 846-5607, Cell.: (514) 562-8023, janie.mercky@porternovelli.com