Les programmes de Vision Mondiale au Nicaragua
Q. L’auteur de l’article dans Châtelaine a visité l’enfant qu’il parraine, Karla, au Nicaragua. De quelle façon Vision Mondiale aide les enfants parrainés ?
R.
Vision Mondiale a commencé à travailler au Nicaragua en 1989, suite à l’ouragan Joan. Depuis, nous avons exploité d’importants programmes dont profitent directement des enfants et leur famille dans les domaines de l’éducation, des prêts à la micro entreprise, du développement agricole et des secours d’urgence.
Nous travaillons actuellement dans 298 communautés et aidons 271 000 personnes.
Les membres de la communauté, incluant les parents des enfants parrainés, décident du travail à accomplir. Ils décident quels sont les besoins les plus urgents et la façon dont ils peuvent collaborer avec Vision Mondiale pour y répondre. Ils choisissent quels enfants de la communauté seront parrainés.
Voici certains éléments du programme de développement régional Teltpetlatpan (où habite l’enfant que parraine monsieur Girard) :
Éducation :
-
construction de deux bibliothèques scolaires dans la communauté de San Benito et Los Novios, dont profitent plus de 1 000 enfants et adolescents ;
-
22 systèmes informatiques ont été livrés dans des écoles de San Benito et Los Novios ;
-
programmes de formation pour les femmes ; elles ont appris à fabriquer des pâtisseries, contribuant ainsi à générer des revenus pour leur famille ;
-
livres, meubles et fournitures de base offerte à un centre préscolaire de San Benito ;
-
réparations et rénovations au bâtiment scolaire et aux latrines.
Les parents de la région où l’enfant que parraine monsieur Girard habite désirent que leurs enfants obtiennent une éducation, pas seulement des manuels scolaires. Ils désirent que leurs enfants aient les mêmes possibilités que les enfants du Québec. Ils ont donc décidé de construire avec Vision Mondiale deux bibliothèques scolaires et de les équiper de 22 ordinateurs. Ces bibliothèques profitent à plus de 1 000 enfants — tous les enfants des écoles, pas seulement les enfants parrainés. C’était là le choix de la communauté et sa priorité. Et les enfants éprouvent un grand sentiment de fierté et d’appartenance.
Nutrition :
-
formation en matière de nutrition pour que les mères d’enfants souffrant de malnutrition apprennent comment améliorer le régime alimentaire de leur famille ;
-
programmes agricoles nous permettant d’aider des familles à aménager des jardins potagers et construire des cages à poules pour pouvoir produire le plus de nourriture possible pour leur propre famille.
Agriculture :
-
systèmes de gestion agricole améliorés ;
-
introduction de produits biologiques afin de réduire l’utilisation de produits agrochimiques ;
-
encourager la diversification des cultures pour améliorer les sources de revenus à longueur d’année.
Santé :
-
groupes de soutien à l’allaitement ;
-
fournir des recettes à faible coût et de l’information sur les aliments qui possèdent la plus haute valeur nutritive ;
-
campagnes de promotion de la santé visant à réduire la malaria, vacciner les enfants, traiter les parasites internes et surveiller la croissance des enfants.
Bien qu’une grande part de notre travail soit visible, tel l’appui en matière d’éducation, il y en a une autre qui est « invisible ». Nous entendons par là « le concret » et « l’abstrait ». Lorsqu’on équipe des laboratoires informatiques, les changements sont visibles et donc concrets. L’élément abstrait, c’est lorsqu’on enseigne aux enfants nicaraguayens quels sont leurs droits et qu’on leur dit qu’ils n’ont pas à tolérer la violence à leur égard, monnaie courante dans leur culture. Tous ces éléments sont des parts importantes de notre travail, qui permet de bâtir des communautés fortes et indépendantes.
Vision Mondiale s’attaque aux causes profondes de la pauvreté, pas seulement aux symptômes. Ce genre de travail de développement aide les enfants et les familles à long terme. Notre partenariat avec les communautés dure environ 15 ans.
Q. L’article indique que la famille de Karla n’a pas droit au miel produit dans l’entreprise que Vision Mondiale a lancée dans sa communauté. Quelle en est la raison ?
R. L’entreprise de miel décrite dans l’article est l’un des projets de microentreprise de Vision Mondiale qui stimule les moyens de subsistance des familles dans la communauté. Le miel produit par les familles participantes est vendu localement, les aidant ainsi à augmenter les revenus de leur ménage et à acheter de la nourriture pour leurs enfants. Normalement, les produits fabriqués par ces petites entreprises ne sont pas distribués gratuitement dans la communauté. Les membres de la communauté pourraient toutefois profiter d’un rabais important à l’achat de ces produits. De plus, un litre de miel provenant de chacune des ruches est donné au fonds commun et est ensuite distribué pour répondre à des besoins spécifiques tels fournir du miel aux enfants identifiés par le spécialiste en nutrition de Vision Mondiale dans la communauté.
Q. L’article indique que les ordinateurs fournis par Vision Mondiale à l’école d’un village n’étaient pas branchés à Internet. Quelle en est la raison ?
R.
L’article mentionne l’inquiétude que les élèves de l’école aient accès à des sites Web sexuellement explicites. Cette inquiétude est fondée, mais elle s’applique à tous les enfants ayant accès à Internet. Toutefois, les raisons principales pour lesquelles les ordinateurs ne sont pas branchés sont les coûts élevés et les obstacles techniques liés aux connexions Internet dans cette région rurale du Nicaragua.
Les ordinateurs fournis par Vision Mondiale possèdent l’équipement nécessaire pour avoir accès à Internet. Toutefois, la décision de se brancher à Internet relève de l’école puisque c’est elle qui est responsable d’en payer les coûts. Les élèves ont actuellement accès à divers logiciels éducatifs qui favorisent l’apprentissage.
Le fait d’avoir des ordinateurs dans leur salle de classe constitue une réalisation importante pour les enfants de cette communauté. Ils pourraient avoir accès à Internet dans l’avenir.
Q. L’article mentionne que la salle de classe contenant les ordinateurs offerts par Vision Mondiale est peinte en orange – la même couleur que le logo de Vision Mondiale. Cette dernière exige-t-elle que les communautés soient « marquées » par le logo et les couleurs de Vision Mondiale pour profiter des avantages qu’elle offre ?
R. En aucun cas. Les enseignants, en consultation avec l’association locale de parents, ont décidé d’eux-mêmes de peindre les murs orange. Ce n’était absolument pas exigé pour que l’école reçoive de nouveaux ordinateurs (ou toutes autres fournitures) de la part de Vision Mondiale.
Il arrive souvent que Vision Mondiale affiche une petite pancarte une fois un projet complété, une pratique courante chez de nombreuses ONG participant au travail de développement communautaire.
Q. L’article mentionne que 12 maisons ont été construites par Vision Mondiale Canada après le passage de l’ouragan Mitch en 2000. Il suggère que 5 000 $ par maison était un « prix extrêmement élevé ». Pourquoi Vision Mondiale a-t-elle dépensé tant d’argent pour ces maisons ?
R.
Vision Mondiale a payé la somme moyenne pour une maison préfabriquée au Nicaragua, soit de 4 000 $ à 5 000 $ US. Ce montant a couvert les coûts de tous les matériaux de construction (clous, bois, sable, fer, portes, fenêtres et fondation en ciment), de même que les coûts de transport vers les régions rurales et les coûts de la main-d'œuvre.
Les maisons mentionnées dans l’article ont été construites sur des terres données par la Fondation Jacques-Francoeur (une ONG associée à Vision Mondiale dans ce projet).
Q. Pourquoi Vision Mondiale exige-t-elle que des familles « achètent » ces maisons si l’objectif de leur construction était d’aider les personnes touchées par une catastrophe naturelle ?
R.
On a demandé aux familles choisies pour recevoir ces maisons de payer 50 pour cent des coûts de leur construction pour les raisons suivantes :
-
Vision Mondiale croit en l’autonomisation; ainsi, en payant une partie des coûts de construction des maisons, les familles développent un sentiment de propriété et ne croient pas qu’on leur a fait « l’aumône » en leur donnant simplement la maison ;
-
Les contributions des familles sont utilisées pour créer un fonds renouvelable qui permet de construire d’autres maisons pour des familles se trouvant dans des situations semblables ;
-
Cela couvre certains frais tels le raccordement au réseau électrique, les systèmes de distribution d’eau et les frais juridiques.
Les familles ont accepté de payer 50 pour cent des coûts sur une période de 12 ans (environ 17 $ par mois); toutefois, la plupart des familles n’avaient pas les moyens de respecter cet engagement. (Certaines des familles ont versé une portion équivalant à environ 200 $). Vision Mondiale a finalement décidé de faire don de la plupart des maisons aux familles n’ayant pas les moyens d’apporter leur contribution financière.
Q. Dans l’article de Châtelaine, il est suggéré que les dirigeants communautaires qui travaillent en partenariat avec Vision Mondiale au Nicaragua avaient peur de parler ouvertement de Vision Mondiale par crainte de perdre leurs maigres revenus supplémentaires. Qu’en est-il ?
R.
Cela nous préoccupe énormément et nous nous penchons immédiatement sur la question. Malheureusement, personne n’a fait part de ces préoccupations aux membres du personnel de Vision Mondiale et ces derniers ne peuvent donc y répondre. Nous sommes désolés d’apprendre ce que ressentent certains membres de la communauté et nous allons en découvrir les raisons.
Ce que nous pouvons vous dire, par contre, c’est que les membres de la communauté, incluant les parents des enfants parrainés, décident du travail à accomplir. Ils décident quels sont les besoins les plus urgents et la façon dont ils peuvent collaborer avec Vision Mondiale pour y répondre. Ils choisissent quels enfants de la communauté seront parrainés.
Vision Mondiale emploie des bénévoles pour entretenir la correspondance entre les enfants et leurs parrains et marraines ; ils reçoivent pour leur travail une légère compensation. Dans les milliers de communautés où nous travaillons, notre personnel local maintient d’excellentes relations avec les résidents. Nous collaborons avec les membres de la communauté et encourageons leurs commentaires sur la façon dont nous exploitons nos programmes.
Un partenariat réel se base sur une relation ouverte – et non sur la peur. C’est là l’objectif que nous visons - et nous ferons le suivi de ce dossier.
Q. L’article paru dans Châtelaine mentionne que vos bureaux au Nicaragua sont bien équipés, notamment avec de l’air conditionné, tandis que les enfants et les familles que vous dites aider vivent dans des conditions lamentables.
R.
Certains de nos bureaux et centres d’opérations sont climatisés afin de permettre à notre personnel de travailler de façon efficace et rentable dans les climats chauds. Nos bureaux sont bien équipés et souvent situés dans des zones centrales. Nous embauchons aussi des professionnels, souvent très bien formés. Ces mesures sont prises afin de veiller à optimiser l’efficacité et la rentabilité de notre travail. Nous sommes conscients de la situation et sommes désolés si nos bureaux, nos véhicules ou nos équipements peuvent parfois être perçus comme des dépenses déraisonnables ou inappropriées. D’ailleurs, nous nous efforçons de maintenir nos frais administratifs au minimum afin de nous concentrer sur nos programmes de travaux au sein des communautés.
Q. L’article mentionne un enfant parrainé malade dont la mère a demandé une aide médicale à Vision Mondiale. Pourquoi l’organisation n’a-t-elle pas veillé aux besoins de cet enfant malade ?
R. Vision Mondiale analyse actuellement cette situation au Nicaragua. Nous documentons toutes les demandes d’assistance médicale ; à ce jour, nous n’avons trouvé aucun dossier concernant cette demande spécifique.
C’est malheureux parce que Vision Mondiale Nicaragua s’occupe des cas médicaux spéciaux, soit en achetant des médicaments, en s’organisant pour qu’un médecin fasse une visite localement ou en offrant le transport à partir de villages jusqu’à des cliniques médicales situées dans de plus grandes villes.
Par exemple, durant l’année 2007, le projet Teltpetlapan de Vision Mondiale a aidé 25 enfants à recevoir des soins médicaux spéciaux (coût total de 1 518 $).
De plus, Vision Mondiale Nicaragua dispose d’un fonds de réserve spécial pour que des enfants parrainés et non parrainés puissent subir certaines interventions chirurgicales. À ce jour, 261 enfants ont profité d’interventions chirurgicales grâce à ce fonds, à un coût dépassant les
52 000 $.
Q. Si l’enfant que je parraine souffre de malnutrition, Vision Mondiale lui fournira-t-il des vivres ?
R.
Habituellement, Vision Mondiale ne fournit pas de rations alimentaires individuelles aux enfants ou familles, mais travaille plutôt à prévenir la malnutrition.
Nous intervenons toutefois selon le contexte. Vision Mondiale fournit souvent des vivres lorsque surviennent des catastrophes naturelles ou durant des sécheresses prolongées. Ces vivres nous sont habituellement fournis par le Programme alimentaire mondial et les coûts de la distribution sont couverts par des fonds qui ne sont pas liés au parrainage.
Jusqu’à 10 pour cent du total des fonds recueillis par le biais du parrainage d’enfants pour une communauté donnée peuvent être attribués aux urgences, à la discrétion du bureau local. Cela permet aux membres du personnel local de combler les besoins urgents.
Voici de quelles façons nous travaillons de façon continue à prévenir la malnutrition :
-
nous enseignons aux travailleurs et familles du village une nutrition adéquate, des pratiques d’hygiène et des méthodes de préparation des aliments
-
nous augmentons la consommation de nutriments et d’aliments riches en énergie chez les enfants
-
nous encourageons la consommation d’aliments de source animale, de même que de fruits et légumes indigènes
-
nous fournissons des suppléments vitaminiques tels du fer, de la vitamine A et de la vitamine D aux enfants de moins de cinq ans
-
nous encourageons l’aménagement de jardins potagers domestiques (récoltes riches en vitamines) et fournissons des graines et des semis pour les jardins ou des arbres fruitiers
-
nous construisons des banques de céréales pour que les membres de la communauté aient accès à des réserves alimentaires durant les périodes de sécheresse
-
nous formons des travailleurs de la santé locaux pour promouvoir les soins de santé préventifs
-
nous améliorons l’accès aux sources d’eau protégées, aux latrines et aux médicaments vermifuges pour prévenir et contrôler les parasites intestinaux chez les enfants.
L’étendue et le type de programmes offerts dépendent des besoins et Vision Mondiale collabore étroitement avec les communautés afin d’établir les priorités.